Process Com : les 6 profils pour mieux communiquer

Certaines personnes, vous les comprenez en trois mots. D'autres, vous avez beau reformuler, rien ne passe. Vous pensez parler clairement. L'autre pense que vous ne l'écoutez pas.

Ce n'est pas une question de bonne volonté. C'est une question de langue.

Jean-Baptiste accompagne des dirigeants, des indépendants et des équipes sur la gestion du temps et la compréhension de soi. Il est formateur en Process Communication, un modèle qui observe les comportements humains et permet d'anticiper ce qui se passe quand une relation se tend. Dans notre échange sur Construire autrement le média, il a détaillé ce modèle. Voici ce qu'il faut en retenir pour mieux communiquer au travail.

1. Le stress relationnel naît d'un malentendu de langue

En Process Com, le stress ne désigne pas la charge de travail. Il désigne le moment où la relation se dégrade. On ne se comprend plus. Le ton monte. On perd ce que le modèle appelle la pensée claire.

Jean-Baptiste donne un exemple simple. Une personne à dominante empathique dira : « Je suis très content de te voir, j'ai beaucoup de plaisir à passer ce moment avec toi. » Une personne à dominante analyseur dira : « On commence à 16h30, on s'arrête à 18h, j'ai une réunion après. »

Aucune des deux n'a tort. Mais si vous ne parlez à l'autre que dans votre langue, il vous suit cinq minutes. Puis il impose la sienne. Et le conflit s'installe. Selon Jean-Baptiste, ce mécanisme se produit des centaines de fois par jour, sans que personne ne s'en rende compte.

2. Six profils, comme les étages d'un immeuble

Le modèle dit que nous avons tous six types de personnalité en nous. Ils sont empilés comme les étages d'un immeuble. Le rez-de-chaussée, appelé la base, définit notre façon de percevoir le monde et les mots que nous utilisons. Les autres étages se construisent pendant les sept premières années de notre vie.

Chaque profil porte aussi une question cachée, liée à notre besoin d'appartenir au groupe. Voici les six, tels que Jean-Baptiste les décrit :

Empathique

Analyseur

Persévérant

Imagineur

Énergiseur

Promoteur

Un détail utile pour les managers : les profils imagineurs sont souvent mis à l'écart en open space. On pense qu'ils n'avancent pas. En réalité, ils ont besoin d'un temps seul pour organiser leurs idées. Sans ce temps, ils deviennent presque invisibles.

À noter : depuis 2020 environ, certains noms ont changé en France. On ne dit plus travaillomane mais analyseur, plus rebelle mais énergiseur, plus rêveur mais imagineur.

3. Parler la langue de l'autre

La conséquence pratique est simple. Pour être entendu, il faut repérer le vocabulaire de votre interlocuteur et l'utiliser.

C'est ce que j'ai trouvé le plus puissant en découvrant la Process Com pendant ma certification de préparatrice mentale. Face à une équipe, on peut engager tout le monde en quelques phrases. À l'un, on dira « j'attends le meilleur de vous ». À l'autre, « j'ai confiance en vous ». À un troisième, « j'ai besoin que tu me rendes un service ». Même message de fond. Six portes d'entrée.

Jean-Baptiste reconnaît que c'est parfois frustrant. On a l'impression d'être toujours celui qui fait l'effort. Mais celui qui connaît le modèle devient garant de la qualité de la relation. Et l'autre suit beaucoup plus volontiers. Les deux terrains où cela change le plus de choses : l'équipe et la famille.

4. Les mythes : reprendre la responsabilité de ce qu'on ressent

C'est le concept le plus subtil de l'épisode. En Process Com, un mythe est une phrase qui déplace la responsabilité de nos émotions sur quelqu'un d'autre.

« Tu me casses les pieds. » « Tu me mets en colère. » Même « ça me fait plaisir ». À chaque fois, on donne à l'autre, ou à quelque chose de flou, le pouvoir sur ce qu'on ressent.

L'alternative est simple à dire, moins à pratiquer. « Je suis énervé. » « J'ai plaisir à passer ce moment avec toi. » Je reste responsable de mon émotion. Et l'autre n'a plus à se défendre.

Pour Jean-Baptiste, savoir prendre la responsabilité de ce qu'on ressent est la meilleure manière d'éviter le stress relationnel. On retrouve ici l'esprit de la communication non violente.

À retenir

  • Le conflit naît souvent d'une différence de vocabulaire, pas d'un désaccord de fond.

  • Chacun a une base qui définit ses mots. Repérez celle de votre interlocuteur.

  • Parler la langue de l'autre n'est pas une concession. C'est ce qui le fait avancer avec vous.

  • Remplacez « tu me… » par « je suis… » pour désamorcer les tensions.

Pour aller plus loin

Écoutez l'épisode complet avec Jean-Baptiste. Il y parle aussi du piège des objectifs qui, une fois atteints, ne procurent aucune satisfaction.

La Process Com est au cœur de ma conférence humoristique. On rit de nos malentendus du quotidien, on dézoome, et vos équipes repartent en sachant parler à chaque client et à chaque collègue : https://www.chloedomon.com/entreprises

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